mardi 18 mars 2014

Thomas Müller, l'homme des grands rendez-vous

Joueur essentiel dans le rouleau compresseur du Bayern Munich, Thomas Müller reste une personnalité à part dans l'effectif bavarois. Dans l'ombre des ailiers qui forment le "Robbery" et des deux monstres de la maison, Lahm et Schweinsteiger, Thomas Müller répond toujours présent quand son équipe a besoin d'un coup de main. Quel rôle a-t-il eu dans le succès actuel du Bayern Munich? Portrait d'un joueur façonné par "la rigueur allemande".

Thomas Müller, le caméléon du Bayern

24 ans et une carrière riche, auréolée de tous les titres majeurs en club. Thomas Müller n'a pas encore atteint l'âge de maturation pour un attaquant dans un club aussi important que le Bayern, et pourtant, il n'a déjà plus rien à prouver. Rien ne laissait présager un tel début de carrière pour cet enfant de Bavière, mais à force de travail et persévérance, l'homonyme du meilleur attaquant allemand de l'histoire et du Bayern, a réussi à se faire sa place et prouver qu'il était l'un des meilleurs atouts offensifs du football mondial.

Des débuts encourageants... non récompensés dans les moments clés du Bayern


Thomas Müller n'a que 10 ans lorsqu'il est repéré par le Bayern Munich. L'ancien du TSV Pähl arrive dans son nouveau club durant une période riche en émotions, entre la terrible défaite subie au Camp Nou face à Manchester United en 1999, et la victoire au bout du suspense face au FC Valence en 2001 à San Siro. Il ne fallait rien de plus pour faire rêver un môme de 10 ans. Les années passent et le jeune Thomas passe toutes les catégories de jeunes, jusqu'à la consécration lors d'un match de championnat d’août 2008. Jürgen Klinsmann, l'entraîneur bavarois de l'époque, le lance dans le grand bain face à Hambourg pour lui montrer la tâche ardue qui l'attend.

Malgré son titre de champion glané quelques mois plus tôt, le Bayern Munich a connu une saison 2007/2008, où il a dû ronger son frein en participant à la Coupe de l'UEFA, où il devait se frotter à des équipes comme Anderlecht, Getafe ou le Zénith Saint-Pétersbourg, contre qui le club allemand a subi une lourde défaite en Russie (4-0). L'idée était de relancer le club en intégrant petit à petit les jeunes issus du centre de formation pour qu'ils puissent goûter au haut niveau et perdurer au club. Müller, pour ne pas se griller trop rapidement, joue en Regionalliga Sud, l'équivalent de la troisième division. Il y inscrit 15 buts en 32 matchs et se fait remarquer grâce à ses prestations convaincantes, ce qui lui vaut de faire quelques apparitions avec l'équipe première. Il inscrit d'ailleurs son premier but sur le terrain du Sporting Portugal, en huitièmes de finale retour de la Champion's League, lors de la large victoire du club allemand (7-1), son premier but en professionnel. Un but annonciateur du rôle majeur qu'il aura dans les grosses rencontres.

L'arrivée de Louis Van Gaal la saison suivante change tout. Le technicien néerlandais est connu pour être un pionnier dans la construction des grandes équipes, et il compte sur les jeunes du centre de formation pour accélérer le processus de reconstruction du club bavarois. Après la génération 83/84, représentée par Lahm et Schweinsteiger, c'est autour de la génération 89/90 de faire son trou au sein de l'effectif professionnel. Badstuber, Contento et Müller sont les heureux élus, et prennent part aux rencontres disputées par le club. Müller se fait vite sa place sur le front de l'attaque du Bayern, et profite des blessures récurrentes de Robben et Ribéry pour s'installer peu à peu dans le XI bavarois.

Thomas Müller dispute tous les matchs de Bundesliga et met 13 buts, un total encourageant pour une première saison. Cependant, il a souvent marqué contre des petites équipes et n'a pas pesé face aux gros. Le Bayern remporte le doublé coupe/championnat, mais est battu en finale de la Champion's League par l'Inter de Mourinho. Müller n'a pas eu le même rendement sur la scène européenne qu'en championnat. Ses matchs face à la Fiorentina, Manchester United et l'OL ont été moyens. Malgré la défaite concédée au Bernabeu devant la défense centrale composée par Lucio et Samuel, Müller a réalisé une belle finale en ayant eu plusieurs fois l'occasion de tromper Julio Cesar. Cette défaite au goût amer pour le club bavarois, est un des nombreux points qui va façonner le jeune joueur allemand tout au long de son début de carrière, faisant naître chez lui un sentiment de revanche qui sera le moteur de sa motivation.

La déception de Müller en finale de Champion's League face à l'Inter.


Stagnation, coup de mou... masqué par une présence plus marquée dans les gros matchs


Le statut de Müller a changé après le Mondial 2010. Le numéro 25 du Bayern Munich ne peut plus avancer masqué et doit assumer son nouveau rôle au sein de l'effectif bavarois. A l'image de son club, le joueur semble marquer le pas et subir le contre-coup sur le plan physique de la saison précédente. Le Bayern doit faire face à une nouvelle donnée qu'ils n'avaient pas prise en compte à l'entame du championnat: l'éclosion d'un vrai rival en championnat, capable de perdurer sur le moyen terme grâce à une politique de formation et de recrutement intelligentes, le Borussia Dortmund. Le club du "Nordrhein-Westfalen" semble être plus qu'un caillou dans le crampon du Bayern et l'oblige à être repoussé dans ses retranchements.

Distancés en championnat, les joueurs bavarois ont du mal à se faire remarquer dans les matchs à enjeu, Müller compris. Le huitième de finale de Champion's League est un remake de la dernière finale. C'est l'occasion idéale pour Müller et ses coéquipiers de prendre leur revanche sur l'Inter. Müller avait marqué contre un club italien au premier tour, la Roma, et récidive lors du match retour face au club milanais. C'est insuffisant pour le Bayern, qui éliminé par le tenant du titre. Là où le bât blesse pour le club d'Uli Hoeness, c'est qu'il est non seulement distancé par le Borussia Dortmund en championnat, mais aussi par Schalke qui atteint les demi-finales de la Champion's League la même saison. La saison est blanche pour le Bayern, Müller a les mêmes statistiques que la saison précédente mais a montré une évolution positive dans ses prestations, marquant de manière plus régulière dans les matchs face à des adversaires plus coriaces.

La saison 2011/2012 est plus compliquée pour le natif de Weilheim in Oberbayern. Jupp Heynckes prend les rênes du club et privilégie un milieu de terrain plus dense. Müller reste un titulaire indiscutable au sein de l'effectif bavarois, mais est moins en vue, Toni Kroos s'étant fait sa place dans l'entrejeu bavarois et favorisant un jeu plus axial, mettant de côté de manière temporaire Thomas Müller. S'il est moins efficace en n'inscrivant que 7 buts en jouant tous les matchs de championnat, il devient de plus en plus dangereux dans les confrontations opposant le Bayern aux grands clubs européens. Il réalise deux matchs complets face au Real Madrid en demi-finale en pesant sur la défense madrilène, et inscrit le but de la finale face à Chelsea, à domicile. Ce but ne suffit pas pour remporter le titre, mais prouve une nouvelle fois que le joueur allemand est de plus en plus redoutable quand il faut être présent.

Malgré leur joie, les Bavarois voient Chelsea porter la coupe aux grandes oreilles dans leur antre de l'Allianz Arena.


Une machine de guerre qui ne fait plus de cadeau


Thomas Müller accumule les déceptions. Ses bonnes prestations dans les gros matchs ne sont pas récompensées. Le Borussia Dortmund s'est installé comme patron du championnat et le Bayern n'arrive pas à s'imposer sur la scène européenne, à l'image de la NationalMannschaft qui est toujours placée mais qui ne gagne plus. Le début de saison 2012/2013 du club et de Müller est bon, malgré quelques accrocs en Champion's League, où le BATE Borisov pose quelques problèmes au club, et la concurrence ardue du FC Valence pour la première place du groupe. Cependant, on note des signaux positifs au sein de l'effectif bavarois, qui semble pouvoir se passer plus facilement de certains joueurs, chose qui n'était pas forcément le cas auparavant. Müller ne dispute pas tous les matchs en championnat comme il l'avait fait lors des trois saisons précédentes. Heynckes le préserve de temps à autre et on voit un Müller plus frais et plus fringant.

La phase finale de la Champion's League 2012/2013 est sans équivoque. Thomas Müller donne l'impression d'avoir retenu les leçons du passé et atteint un niveau impressionnant face à des adversaires censés être plus attentifs et difficiles à transpercer. Müller réalise un match parfait à l'Emirates Stadium face à Arsenal en inscrivant le second but de son équipe (3-1). Il récidive en quart de finale face à la Juventus, en pesant de manière incessante sur le trio défensif italien Barzagli-Bonucci-Chiellini puis en marquant le second but du match aller, qui met son équipe sur les bons rails.

Mais le véritable tournant, il a lieu lors de la double confrontation face au FC Barcelone. Cette demi-finale face à l'une des meilleures équipes de l'histoire est l'occasion parfaite pour le Bayern, et pour Müller surtout, de tirer un trait sur les défaites récentes dans la plus prestigieuse des compétitions européennes, et d'aller de l'avant de manière à reprendre le flambeau du club catalan, quelques semaines après l'annonce de l'arrivée de Pep Guardiola en Bavière. Müller inscrit un doublé à l'Allianz Arena (4-0) et met le troisième but au Camp Nou (3-0), après avoir ridiculisé la défense catalane durant tout le match. Même s'il ne marque pas en finale face au Borussia Dortmund, il participe grandement à la victoire face au rival allemand.

Il termine la saison sur un bilan remarquable, 23 buts et 14 passes décisives en 47 matchs, dont la plupart dans des matchs à enjeu, qui ont permis au Bayern de réaliser le triplé. Il inscrit par ailleurs le premier but de la finale remportée face au VfB Stuttgart (3-2), en DFB-Pokal, prouvant une fois de plus qu'il a évolué dans le bon sens, en se mettant en condition pour réaliser des gros matchs face aux meilleures équipes allemandes et européennes.

Müller, portant la coupe derrière laquelle il courait depuis des années.


Müller à l'heure de la sélection


Ses bonnes performances lors de sa première saison "pleine", lui ont ouvert de manière prématurée les portes de la sélection. La NationalMannschaft a atteint la finale de l'Euro 2008 avec un effectif composé de joueurs en bout de course. Neuville se faisant vieux, Kuranyi, Odonkor n'arrivant plus a réalisé des prestations honorables pour être sélectionnés, Trochowski, Hitzlsperger ne s'imposant pas, il y a de nombreuses places à prendre. Joachim Low fait appel à de nombreux jeunes joueurs, parmi lesquels Jérôme Boateng, Dennis Aogo, Marko Marin, Sami Khedira, Mesut Özil et Thomas Müller. L'attaquant allemand récupère le numéro 13 du capitaine Michaël Ballack, blessé pour la compétition.

Il ne tarde pas à se mettre en évidence, et inscrit le troisième but face à l'Australie (4-0). Comme s'il voulait se réserver, Müller reste muet face à la Serbie et le Ghana, avant de se réveiller à partir des huitièmes et d'éblouir le monde du football: un doublé face à l'Angleterre de Capello et un but dès la 3ème minute face à l'Argentine de Maradona. Le but inscrit face à l'Argentine est d'autant plus symbolique que lors du match amical qui avait opposé l'Allemagne à l'Argentine, quatre mois plus tôt, Diego Maradona avait refusé de participer à la conférence de presse d'avant-match sous prétexte qu'il ne voulait pas parler en présence d'un ramasseur de balles, qui n'était autre que... Thomas Müller. Le jeune joueur de 20 ans n'a pas oublié et à prouver à une des légendes du football qu'il est bien décidé à marquer de son empreinte le Mondial, montrant que son sentiment de revanche est d'ors et déjà exacerbé.

Malheureusement pour lui et son équipe, il est suspendu en demi-finales face à l'Espagne, absence qui se fera ressentir et qui est une des raisons pour laquelle les Allemands n'ont pas réussi à déployer leur jeu face aux futurs champions du monde. Müller inscrit un cinquième but lors de la petite finale face à l'Uruguay, et termine meilleur buteur et meilleur jeune joueur de la compétition. A seulement 20 ans.

Son Euro 2012 est moins impressionnant. Malgré une présence importante, il ne confirme pas les espoirs placés en lui lors du Mondial 2010 et ne marque pas une seule fois. Il marque tout de même 4 buts lors des éliminatoires du Mondial 2014, et est un intouchable dans le XI de Joachim Low.
Le joueur allemand a fini meilleur buteur et meilleur jeune joueur du Mondial 2010.

Müller, un profil atypique lui permet d'être performant dans les gros matchs


Müller est un cas rare dans le football moderne. Il a atteint, a à peine 24 ans, un niveau qui semble difficile à surpasser. Quelles sont les raisons de cette insolente réussite du joueur du Bayern? Si l'on suit chronologiquement sa progression, on remarque que les deux premiers techniciens qu'il a connu sont deux personnages importants du football: Klinsmann, un des meilleurs attaquants que l'Allemagne a connus, n'est pas étranger à la réussite actuelle de Müller, lui qui l'a découvert dans les équipes de jeunes. Van Gaal est lui un coutumier du fait. Peu de choses qu'il touche ne se transforment pas en or. A l'image de l'équipe des Pays-Bas qu'il est en train de redresser et qu'il tend à faire revenir sur le devant de la scène d'ici l'Euro 2016, il a repris le Bayern Munich, a remis de l'ordre dans la maison et est à l'origine de ce qu'est le club aujourd'hui. Lui aussi a un rôle majeur dans ce qu'est devenu Müller, le seul joueur formé au Bayern ayant réussi à trouver une place dans le secteur offensif aujourd'hui.

Autre remarque que l'on peut mettre en avant pour parler du profil atypique de Müller, c'est son poste. Quel est le vrai poste de Müller? Personne ne sait trop. Son adaptabilité fait qu'il peut jouer sur tout le front de l'attaque sans trop de soucis: de l'aile droite qu'il a occupée lors du Mondial 2010, au rôle d'attaquant de soutien qu'il a souvent eu avec Heynckes, en passant par le poste d'attaquant de pointe qu'il occupe parfois avec Guardiola, Müller est un caméléon qui brouille les pistes et qui pose de sérieux problèmes aux équipes adverses, quant à la manière de le marquer et de l'empêcher de sévir. Contrairement aux renards des surfaces qui jouent d'une seule manière, Müller peut en cours de match, passer d'une position à l'autre et se faire oublier. La constellation de bons joueurs qui l'entoure est bénéfique à son profil car il peut leur déléguer les tâches les compliquées, la construction du jeu, la mise en place des attaques, pendant que lui trouve le moment et l'endroit opportuns pour finaliser l'offensive.

De quel joueur est-il le plus proche? Müller est un joueur compliqué à définir. Il n'excelle en rien. Il n'a pas la puissance corporelle et la technique d'un Ibrahimovic, la vivacité et le froid d'un Messi, la vitesse, la puissance et le pied droit de Ronaldo ni le jeu de tête de Falcao. Il n'atteint jamais l'excellence dans chacune des caractéristiques qui font qu'un attaquant est d'un très haut niveau. Pourtant, il sait tout faire. Il n'y a aucun domaine où il n'est pas bon, c'est le joueur utile par excellence. Dirk Kuyt était ce genre de joueur lorsqu'il évoluait au Feyenoord, à Liverpool et en sélection hollandaise. Sa hargne, sa précision devant les buts, son sens du placement, sa disponibilité faisaient de lui un joueur d'une utilité incroyable, mettant de côté l'esthétisme dont certains grands attaquants peuvent user.

Ce profil unique allié à une formation avec les meilleurs fait de Thomas Müller un des joueurs les plus sous-estimés du football mondial. S'il n'est pas "beau" à voir, il demeure le facteur X du Bayern Munich et de la sélection allemande. Lorsque l'on demande de citer les meilleurs attaquants, beaucoup citeront Van Persie, Falcao, Agüero, Suarez, Cavani, Diego Costa... et pourtant, aucun d'entre eux n'a réalisé jusque-là ce qu'un joueur comme Müller a fait à son âge. Le fait de s'imposer dans la meilleure équipe du monde, d'en être un taulier depuis des années, d'être un pilier de la sélection allemande à seulement 24 ans, sont autant de preuves du niveau incroyable de ce joueur, qui ne fait plus de différence entre les "petits" et les "gros" matchs tant il est efficace devant les buts et dans le jeu, peu importe l'adversaire qu'il a en face de lui.
Thomas sur les traces de Gerd?

samedi 15 mars 2014

Huntelaar, la résurrection du renard orangé?

Véritable chasseur de buts, Klaas-Jan Huntelaar fait partie de ces attaquants mésestimés au profil de tueur. A bientôt 31 ans, celui qu'on surnomme "The Hunter", n'a plus de temps à perdre. Après un début de saison compliqué du côté de Gelsenkirchen, Huntelaar semble retrouver son niveau et montre le bout de son nez à l'approche du Mondial. Portrait d'un joueur atypique.

Klaas-Jan Huntelaar, le renard néerlandais.

Revoilà Klaas-Jan Huntelaar! Longtemps écarté des terrains de Bundesliga en raison de nombreux pépins physiques récurrents, l'attaquant batave est de retour à son meilleur niveau. Longtemps considéré comme le futur Marco Van Basten et comme le successeur de Ruud Van Nistelrooy à la pointe de l'attaque des Oranje, l'ancien ajacide n'a pas suivi la trajectoire de la carrière qu'on lui promettait, voguant entre succès et échecs. Retour sur une carrière mouvementée.


De la déception à éclosion d'un renard assassin


Rien ne laissait présager une carrière de footballeur à Klaas-Jan Huntelaar. Et pourtant, le natif de de Voor-Drempt, bourgade de 1300 habitants à l'est des Pays-Bas, a réussi à atteindre son rêve. Âgé d'à peine 11 ans, il intègre le centre de formation de De Graafschap dans lequel il fait ses gammes jusqu'à l'âge de 17 ans. Après avoir connu tous les postes, de gardien à attaquant en passant par latéral gauche, c'est en tant qu'attaquant de pointe que Klaas-Jan exprime le mieux ses capacités. Ses belles performances ne passent pas inaperçues, et il rejoint le PSV Eidhoven en 2000, durant la Coupe d'Europe organisée dans le pays de Rembrandt.

Au PSV, il confirme qu'il est une future graine de champion en martyrisant toutes les défenses qu'il rencontre lorsqu'il évolue dans les équipes de jeunes. Ses prouesses sont remarquées, et c'est en 2002 qu'il est promu en équipe première, à l'époque dirigée par Guus Hiddink, fraîchement auréolé d'une quatrième place au Mondial 2002 avec la Corée du Sud. Le technicien batave le lance dans le grand bain le 23 novembre 2002 sur la pelouse du RBC Roosendaal pour les 15 dernières minutes du match. Ce baptême du feu pour le joueur de 19 ans sera le seul et unique match disputé pour la formation sponsorisée par Phillips. Il est prêté dans la foulée à son premier club formateur, De Graafschap, où il joue seulement 10 matchs sans jamais trouver les filets, et n'empêche pas la descente du club à l'étage inférieur. La déception est grande pour Huntelaar, qui vit un début de carrière compliqué.

Conscient de ses capacités, de sa force, et comprenant qu'il faudra qu'il gravisse les échelons un par un, il accepte d'être prêté temporairement à un petit club en deuxième division, pour pouvoir enmagasiner une expérience solide et percer dans l'élite du football hollandais. Il atterrit à AGOVV Apeldoorn au moment où il fête ses 20 ans. En 35 matchs avec son nouveau club, il inscrit 26 buts et termine meilleur buteur et meilleur joueur de la seconde division hollandaise. Une réussite pour l'attaquant, qui se fait un nom dans son pays et qui se sent prêt à tenter de nouveau sa chance en Eredivisie.

Sa marge de progression étant désormais connue, il opte pour le SC Heerenveen plutôt que de retourner au PSV, qui était à l'époque bien garni, et où il savait qu'il n'allait pas réussir à exprimer ses qualités. Huntelaar décide de rejoindre le club qui a vu éclore Ruud Van Nistelrooy, John Dahl Tomasson ou encore l'emblématique Hans Vonk. Sa première saison est une réussite: il termine avec un ratio proche de 0.5 but par match et inscrit 16 buts en 31 matchs de championnat. La Hollande se trouve un nouveau chasseur de buts, qui confirme dès l'année suivante en marquant 17 buts en 15 matchs de championnat lors de la première partie de la saison. Cette insolente réussite du jeune attaquant de 22 ans, ne laisse pas insensible l'Ajax d'Amsterdam, qui n'hésite pas à payer 9 millions d'euros pour s'attacher ses services au cours de la saison 2005/2006. Klaas-Jan devient "The Hunter".


Heerenveen, où Huntelaar s'est affirmé, est un club qui a vu naître de grands attaquants.


Le nettoyeur de l'Ajax


9 millions d'euros. Jamais un club hollandais n'avait autant déboursé pour attirer un joueur. C'est un million de plus que la somme payée par le club d'Amsterdam à Malmö lorsqu'ils ont enrôlé Zlatan Ibrahimovic. Le Suédois ayant laissé un vide après son départ pour la Juventus, c'est Ryan Babel qui lui a succédé à la pointe de l'Ajax. L'attaquant néerlandais ne convainc pas et est replacé sur l'aile gauche pour laisser place à Angelos Charisteas et Markus Rosenberg. Les deux attaquants présentent des statistiques raisonnables, mais pas assez bonnes au goût de Danny Blind. C'est alors qu'Huntelaar entre dans la danse. Et il met rapidement tout le monde d'accord.

En plus de ses 17 buts marqués avec son club, Huntelaar en rajoute 16 autres en autant de matchs. L'adaptation semble avoir été rapide aux côtés de Sneijder, qui l'épaule devant, et avec qui il forme un tandem de choc. Il finit meilleur buteur du championnat pour la première fois de sa carrière, avec ses 33 buts en 31 matchs. Jamais un joueur néerlandais n'avait mis autant de buts depuis Marco Van Basten lors de la saison 1986/1987, où il avait trouvé le chemin des filets 37 fois.

La saison suivante, l'attaquant confirme ses bonnes sensations au sein du club d'Amsterdam. Malgré une élimination de la course à la Champion's League par le FC Copenhague, il est un élément important de l'effectif dirigé par Henk ten Cate. Il est moins prolifique que lors de son arrivée dans la capitale hollandaise car désormais, les défenseurs adverses sont plus attentifs à ses déplacements et à son jeu tout en furtivité. Il inscrit 21 buts en 32 matchs de championnat, un ratio beaucoup moins impressionnant que les saisons précédentes, mais met tout de même 7 buts en Coupe de l'UEFA et 4 buts en Coupe. La Coupe, c'est d'ailleurs le premier trophée qu'il gagne en club. 36 buts en 51 matchs, un bilan plus qu'honorable pour la gâchette d'Amsterdam, qui commence à se faire un nom sur la scène européenne.

La saison 2007/2008 est celle de tous les records pour l'artificier de l'Ajax. Malgré une victoire en Supercoupe, le club ne parvient toujours pas à retrouver la compétition reine en Europe, et piétine son football en championnat. Huntelaar, lui, hisse son niveau à un niveau très élevé et reprend son trophée de meilleur buteur à Afonso Alves, et fini une nouvelle fois avec 33 buts en 34 matchs. Il fait mieux que Ruud Van Nistelrooy en finissant une seconde fois meilleur buteur d'Eredivisie avec plus de 30 buts. Seuls Leo Canjels, Henk Groot, Ruud Geels et Marco Van Basten ont réalisé cette prouesse côté hollandais, Mateja Kezman étant lui le seul joueur étranger ayant évolué aux Pays-Bas à en faire de même.

L'Ajax et Huntelaar, une grande histoire d'amour.


L'appel du large... et le naufrage


Ses bonnes performances lui ont ouvert les portes de la sélection, avec qui il joue l'Euro 2008. Marco Van Basten a repris les rênes de son club de toujours, et donne le brassard de capitaine à son attaquant. Cependant, Huntelaar se blesse vite et réalise une première partie de saison quelconque, malgré des débuts une nouvelle fois prometteurs. Sans le savoir, l'aventure avec l'Ajax s'arrêtait là. 105 buts en 136 matchs, c'est le bilan ahurissant de l'attaquant batave avec le club d'Amsterdam. Au mercato hivernal de la saison 2008/2009, il rejoint la colonie hollandaise du Real Madrid, où évoluent Van Nistelrooy, Sneijder, Van der Vaart, Robben et Drenthe, pour une vingtaine de millions d'euros. La Maison Blanche s'attache les services de l'attaquant néerlandais pour remplacer son compatriote Van Nistelrooy, blessé pour de longs mois.

Les performances de l'attaquant de 25 ans sont mitigées. Revenant de blessure et ne pouvant pas participer à la Champion's League, il n'arrive pas à s'intégrer de manière pérenne au sein de l'effectif madrilène. La présence de nombreuses stars, la pression ambiante autour du club, le jeu peu attrayant proposé par Bernd Schuster, sont tant de paramètres qui rassemblés, ne participent pas à l'affirmation de la gâchette batave sur le front de l'attaque madrilène. Il inscrit tout de même 8 buts en 20 matchs, bilan respectable mais trop peu élevé pour s'imposer dans un club comme le Real Madrid. Sur ses 8 buts, il inscrira trois doublés coups sur coups, et restera muet de très nombreux matchs, d'où l'insatisfaction des dirigeants madrilènes, qui décident de se séparer de lui, seulement quelques mois après son arrivée.

Il n'a pas trop de mal à retrouver un club et est recruté pour 15 millions d'euros par le Milan AC. Le club italien connaît certaines difficultés depuis le titre glané en Champion's League en 2007, et a du mal à se remettre en selle après le départ de Carlo Ancelotti. L'effectif est vieillissant et a besoin de retrouver de l'allant, mais doit surtout faire face à la montée d'un club comme l'Inter, qui a effectué un recrutement XXL avec les signatures successives de Sneijder, lui aussi lâché par le Real Madrid, Eto'o, Milito ou Motta. La pression se fait d'ors et déjà étouffante pour un joueur qui n'a pas réussi à s'imposer en dehors de son pays d'origine. Comme au Real Madrid, le Milan AC apparaît comme une marche trop haute pour lui. Il reste dans l'ombre de Boriello et Pato en ne mettant que 7 buts en 25 matchs. Ce nouvel échec cuisant pour Huntelaar pose la question de son mental et de son niveau pour jouer dans un grand club. Le doute s'installe, "The Hunter" semble avoir perdu son instinct de tueur.


Huntelaar, accompagné de Raul, sous les couleurs du Real Madrid.


Les montagnes russes en terre allemande


Deux saisons chaotiques, une finale de Coupe du Monde perdue. Le moral de Klaas-Jan Huntelaar est au plus bas. Comme si cela ne suffisait pas, l'attaquant est poussé vers la sortie par le club lombard à la fin du mercato estival 2010. Huntelaar paie les frais du jeu de chaises musicales orchestré par les clubs européens. David Villa remplace Zlatan Ibrahimovic au FC Barcelone, le Suédois atterrit... au Milan AC. Huntelaar sait que ses jours sont comptés de l'autre côté des Alpes. Il trouve finalement chaussure à son pied à Schalke. Le club allemand recrute l'attaquant batave, qui forme à partir de là un duo déjà vu du côté du Real Madrid, avec l'emblématique Raul.

Sa première saison ressemble à toutes celles qu'il a réalisées en dehors des Pays-Bas. Un bilan moyen en championnat, dans l'ombre de Raul, avec 8 buts en 24 matchs. Les doutes persistent, mais Klaas-Jan ne s'avoue pas vaincu pour autant. L'excellent parcours du club allemand en Champion's League, qui atteint les demi-finales de la compétition avant de tomber face à Manchester United, prouve à Huntelaar qu'il est dans le bon club: un club majeur en Allemagne, de second zone en Europe. Le cocktail parfait pour jouer son football sans qu'on lui reproche d'être en dessous du niveau qu'on attend de lui.

La saison 2011/2012 est la saison qui change tout pour l'attaquant de l'Oranje. Il trouve ses marques dans la Ruhr et retrouve son niveau de l'Ajax. Épargné par les problèmes de cheville qui lui ont causé beaucoup de tort, il marque la Bundesliga de son empreinte, en marquant 29 buts en 32 matchs. Aucun joueur n'avait fait mieux depuis Karl-Heinz Rummenigge lors de la saison 1980/1981. Mieux encore, aucun joueur étranger n'a marqué autant que lui sur une saison complète de Bundesliga. Le chasseur est de retour. Il ne s'arrête pas là; sur la scène européenne, il inscrit 14 buts en 12 matchs d'Europa League, avant de tomber sur un l'Atheltic Bilbao en demi-finale. Avec 53 buts en 60 matchs, il réalise la meilleure saison de sa carrière. Irrésistible, il finit sur le podium des meilleurs buteurs mondiaux, juste derrière Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. c'est le dernier joueur à avoir trusté ce podium avant que les deux derniers Ballon d'Or, accompagné par Zlatan Ibrahimovic, ne se réservent les trois première places depuis maintenant deux ans.

Malgré cette énorme saison, Huntelaar retombe dans ses travers, et est de nouveau victime de nombreuses blessures. Son physique ne lui permet pas de perdurer au très haut niveau, et semble être un attaquant qui donne tout sur une période donnée avant de payer ses efforts sur la durée. La saison 2012/2013 est compliquée pour lui, et finit avec 10 réalisations en 26 matchs. Jusqu'où Huntelaar peut-il repousser ses limites?

Huntelaar à Schalke, une affaire qui marche.


La sélection hollandaise: Je t'aime, moi non plus


Sa trajectoire en sélection est-elle la même que celle en club? Oui et non. Après avoir joué dans toutes les équipes de jeunes, Huntelaar devient un pilier de l'équipe Espoirs, au point d'être un possible sélectionné dans les 23 pour le Mondial 2006. Malheureusement pour lui, il n'est pas retenu par Marco Van Basten. Il joue l'Euro 2006 Espoirs au Portugal, qu'il remporte en finissant meilleur buteur de la compétition. Il est d'ailleurs le meilleur buteur de l'histoire de l'équipe Espoirs avec 18 buts en 24 matchs.

Il est appelé pour le match amical face à l'Irlande après le Mondial. Il honore sa première sélection et réalise un match parfait: 2 buts et deux passes décisives. Dans la foulée de ses performances avec l'Ajax, "The Hunter" gravit les échelons avec la sélection. Il participe à l'Euro 2008 où il inscrit un but lors du seul match qu'il joue, le match dit des "coiffeurs" face à la Roumanie (2-0).

Après le départ de Marco Van Basten, il devient l'attaquant de pointe titulaire de la sélection sous Bert Van Marwijk jusqu'au Mondial en Afrique du Sud. Très peu en vue avec le Milan AC, il finit par perdre sa place de titulaire pour la compétition, une grande déception pour lui. Pour beaucoup, la non-titularisation de l'attaquant lombard à la pointe de la sélection batave durant le Mondial 2010, est la principale raison de l'échec hollandais. Robin Van Persie, qui a laissé les blessures derrière lui, n'a pas réussi à hausser son niveau de jeu avec la sélection, et a traversé la compétition comme un fantôme. La présence d'un joueur comme Huntalaar, grâce à son profil de tueur, aurait pu être une solution de rechange efficace pour pallier le manque d'efficacité du Gunner.

Ce scénario se répète à l'Euro 2012. Malgré une première saison mitigée avec Schalke, ses prestations en sélection sont de très bonnes factures, avec 10 buts en 8 sélections. Il termine meilleur buteur de la zone Europe lors des éliminatoires de l'Euro 2012, et pose le problème de l'attaquant qui doit être titulaire en pointe de la sélection. Une nouvelle fois, Van Marwijk décide d'aligner Van Persie en tant que numéro 9. Les Oranje sont éliminés dès le premier tour de la compétition, Van Marwijk utilisant Huntelaar comme "pompier de service", en le mettant sur le terrain dans les pires dispositions possibles pour un attaquant, voulant qu'il aide ses coéquipiers à remonter un score plutôt que de les aider à ouvrir la marque et à gérer.
Avec 34 buts en 60 sélections, Huntelaar est le sixième meilleur buteur des Oranje, à sept longueurs de Van Persie.


L'heure de la revanche?


Huntelaar a franchi le cap symbolique de la trentaine. A-t-il toujours la fougue et l'envie de donner? Un attaquant avec son profil n'est jamais rassasié. Son début de saison moyen n'a rien arrangé à sa situation, mais rien n'est moins sûr. Le club de Schalke a connu pas mal de soucis, avec des cadres défaillants à tous les postes. Howedes semble moins rassurant que les saisons passées, Papadopoulos réalise une saison quasiment blanche, Boateng ne confirme pas ses bons débuts à Gelsenkirchen. Le club allemand se repose sur ses jeunes, Draxler, Meyer ou Neudstadter.

Et pourtant, depuis maintenant quelques matchs, Klaas-Jan Huntelaar donne l'impression de retrouver son tout meilleur niveau. Auteur de seulement 4 buts lors de la première partie de saison, l'attaquant batave aligne des prestations plus convaincantes les unes que les autres. Le déclic a eu lieu en Champion's League. Malgré la rouste subie au Veltins Arena face au Real Madrid (1-6), c'est depuis ce match que le numéro 25 du club dirigé par Jens Keller est libéré. Depuis son but extraordinaire, où il a fracassé la barre de Casillas, Huntelaar ne s'arrête plus: un triplé face à Hoffenheim, un doublé vendredi soir sur la pelouse d'Augsbourg, Huntelaar a doublé son total de buts depuis le début de la saison en l'espace de deux matchs.

C'est une bonne nouvelle pour le club de Schalke, qui aura besoin d'un grand attaquant pour prendre la seconde place du championnat au Borussia Dortmund, mais aussi pour la sélection de Luis Van Gaal, en mal de joueurs expérimentés. La présence de joueurs très jeunes n'est pas gage de réussite pour la sélection, qui doit pouvoir compter sur les anciens pour espérer réaliser quelque chose au prochain Mondial, dans un groupe très relevé où ils devront faire face à l'Espagne, leur bourreau de 2010, et au Chili. La baisse de forme significative de l'attaquant titulaire, Van Persie, est une aubaine pour Huntelaar, qui se doit de profiter de la période difficile du mancunien pour espérer avoir une chance de jouer un rôle majeur avec l'Equipe nationale.

A bientôt 31 ans, le renard de Voor-Drempt ne peut plus se permettre de gâcher son talent. C'est le moment ou jamais pour lui de prouver qu'il est l'un des tous meilleurs chasseurs d'Europe.


Robin Van Persie Klaas Jan Huntelaar Netherlands v Germany - Group B: UEFA EURO 2012
Luis Van Gaal va-t-il aligner Huntelaar et Van Persie à la pointe de l'attaque hollandaise durant le Mondial?




jeudi 13 mars 2014

Manchester City, le mal européen

Décevants lors de leur double confrontation face au FC Barcelone, les Citizens trébuchent une nouvelle fois de façon prématurée sur la scène européenne. Malgré un effectif bien garni, Manchester City n'arrive pas à s'imposer comme un club important sur le plateau continental, et suscite des interrogations quant à son modèle de développement. Tour d'horizon des forces et faiblesses du club mancunien.


Les joueurs de City, dépités après leur nouvelle défaite face à Barcelone au Camp Nou (2-1)

La malédiction continue pour les Skyblues. Outsider sérieux après leur excellente phase de poules, où ils ont réussi l'exploit de battre le Bayern sur leur pelouse (2-3), certes déjà qualifié, les coéquipiers de Vincent Kompany ont une nouvelle fois déçu et ont vu leur parcours européen stopper net par un Barça supérieur à tout point de vue. Depuis son titre de champion d'Angleterre glané il a près de deux ans, le "deuxième" club de Manchester stagne, malgré un effectif pléthorique à première vue, et pose le problème de savoir si oui ou non, il y a moyen de remédier à cette situation préoccupante.



La formation d'une équipe compétitive



Depuis le rachat du club par fond d'investissements émirati dirigé par Khaldoon Al Mubarak, le club est passé dans une autre dimension. Le nouveau propriétaire annonce d'emblée la couleur et ne lésine pas sur les moyens. Les transferts onéreux se suivent et se succèdent, de l'arrivée de Robinho à celles de Given, De Jong, puis de Kolo Touré, Tevez, Barry, Adebayor ou Lescott la saison suivante, le club a toutes les cartes en mains pour progresser de manière fulgurante et bousculer la hiérarchie en championnat, mettant à mal le "Big Four" composé par Chelsea, Arsenal, Liverpool et Manchester United.

Les signatures de l'autre Touré, de Boateng, David Silva, Dzeko, Balotelli ou Kolarov, permettent à Manchester City de finir pour la première fois depuis la saison 1976/1977, sur le podium en championnat. L'objectif des nouveaux propriétaires étant de bien figurer en championnat, puis sur la scène européenne, le club suit une progression logique et peut espérer s'imposer comme un grand club aux yeux des autres grands du continent.

Aguëro, Nasri, Clichy rallient le nord de l'Angleterre durant le mercato 2011, et participent grandement à l'obtention du titre lors de la saison 2011/2012, le troisième sacre pour Manchester City, le premier depuis près de 44 ans. Une éternité. Le scénario rocambolesque de cette fin de saison ravive une flamme longtemps éteinte dans le cœur des supporteurs des Skyblues, qui se mettent à rêver plus grand avec l'Europe en ligne de mire.



Une Europe méfiante... qui stoppe les velléités du "nouveau riche"



Après s'être fait une solide réputation à l'intérieur des frontières du Royaume, Manchester City s'attaque à l'Europe. La première participation à l'épreuve phare du Vieux Continent, en 2011/2012, est un échec. Tombés dans un groupe difficile, les pensionnaires de l'Etihad Stadium sont éliminés dès le premier tour de la compétition, devancés par le Bayern Munich, habitué aux grandes rencontres européennes, et Naples, de retour dans la compétition après vingt longues années d'absence. Seul Villareal finit derrière le club mancunien. L'Europa League, jouée dans la foulée, ne correspond pas au standing du club, et est rapidement lâchée, laissant le Sporting Portugal filé vers les quarts de finale.

La campagne suivante n'est guère meilleure pour les Citizens. Le groupe est encore plus ardu, avec l'étonnant Borussia Dortmund, qui finit premier de la poule haut la main, mais aussi celle du Real Madrid. L'Ajax complète le groupe, et finit lui aussi devant Manchester City. Cet échec cuisant du club bleu ciel rappelle une donnée importante: il n'a pas la fibre européenne et doit aborder les rencontres hors Angleterre d'une manière différente. Avec zéro victoire en six matchs, le club entraîné par Roberto Mancini est la risée de l'Europe, n'arrivant pas à mettre un pied devant l'autre avec un effectif dense et de qualité.

La saison 2013/2014 doit être celle de la rédemption. Malgré la présence du champion d'Europe en titre, le groupe paraît plus abordable, le CSKA étant nettement dessous de ce qu'il était au milieu des années 2000, et le Viktoria Plzen devant normalement servir de souffre-douleurs aux favoris. La nomination de Manuel Pellegrini apporte un élan nouveau au club, qui pour la première fois, négocie bien la phase de poules, et termine avec le même nombre de points (15) que le Bayern Munich. De quoi envoyer un signal sérieux au reste des équipes.



Un effectif dense, de qualité... et cohérent?



Épouvantail des huitièmes de finale, City était le club à ne pas tirer dans le second chapeau. C'est le FC Barcelone qui se confrontera au "petit" historique de ce plateau européen. Petit, Manchester City l'a été. Vaincus à l'aller et au retour, les Anglais ont une nouvelle fois déçu dans un match à enjeu. Décisions arbitrales, méforme pour certains joueurs, match retour à l'extérieur, tant de motifs et d'excuses pour expliquer la nouvelle déroute mancunienne. Ce troisième échec en trois ans pousse à vérifier du côté des forces en présence pour voir si oui ou non, les joueurs de Manchester City sont des gros joueurs.

Le gardien Joe Hart ne réalise pas sa plus grande saison, et fait partie des gardiens de seconde zone en Europe. La défense est bancale et repose sur la solidité d'un joueur, Kompany, le capitaine mancunien, qui n'a pas eu la chance d'évoluer à côté d'un défenseur bien implanté à ses côtés. Nastasic, Demichelis, Lescott, tant de seconds couteaux qui ne donnent pas satisfaction et qui n'offrent pas au club une assise défensive digne de ce nom. Les latéraux non plus ne sont pas des foudres de guerre. A gauche, la hiérarchie n'est pas claire, Kolarov et Clichy se partagent le travail. Le couloir droit lui paraît plus sûr avec Zabaleta, qui a envoyé Richards aux oubliettes, mais qui réalise lui aussi une saison moyenne.

Le milieu, même composé de l'énorme Yaya Touré, n'est pas clair. Fernandinho, recruté cet été, paraît déjà indispensable à cette équipe, chose peu commune dans un club censé être parmi les meilleurs, le Brésilien n'étant pas une référence absolue à ce poste avant le début de la saison. Les ailiers aussi posent problème. David Silva, Milner, Nasri, Jesus Navas, beaucoup de noms et peu de résultats probants. Là-aussi, personne ne saurait donner un titulaire indiscutable, savoir qui est au-dessus de l'autre et qui mérite de jouer.

Le poste le plus problématique restant celui de l'attaque. Manuel Pellegrini a des problèmes de riches avec quatre joueurs pouvant jouer à la pointe de l'attaque. La hiérarchie semble donner Aguëro en un, Negredo en deux, Dzeko en trois et Jovetic en quatre. Sans vouloir négliger le talent de chacun de ces joueurs, aucun d'entre eux n'a prouvé sur la scène européenne qu'il était un "top player" capable de tirer son équipe vers le haut. Aguëro n'a connu que la phase finale de l'Europa League, et en méforme, ne peut pas sauver son équipe comme il l'a souvent fait. Negredo et Dzeko sont des seconds choix qui brillent contre les petites équipes, mais ont plus de mal à se mettre en évidence lors des gros matchs, comme lors de la défaite à domicile face à Chelsea. Le rôle d'un joueur comme Jovetic paraît lui aussi très flou alors qu'il peut être le facteur X de ce club.



Les bons hommes aux bons endroits?



Peut-on parler de malchance? Ce serait réducteur pour un club qui a mis autant de moyens. Dans le même style, le Paris Saint-Germain a lui aussi beaucoup investi, et retrouvera pour la seconde année consécutive le top 8 européen. Le PSG a certes eu des tirages favorables en poules et en huitièmes sur ces deux saisons, mais a aussi fait preuve d'une intelligence dans le recrutement. Contrairement à Manchester City, les dirigeants parisiens n'ont pas recruté à outrance et ont profité de l'expérience d'un directeur sportif comme Leonardo pour bâtir une équipe compétitive, pouvant progresser d'une année à l'autre et s'inviter à la table des prétendants.

L'ancien joueur brésilien a usé de son influence et de son carnet d'adresses pour monter un effectif alliant expérience et fraîcheur. L'équipe parisienne peut s'appuyer sur une colonne vertébrale solide, composée de joueurs habitués aux grandes joutes européennes. L'axe Sirigu-Silva-Motta-Ibrahimovic n'existe pas à City. Seul Touré fait office de joueur habitué aux grandes rencontres européennes, Kompany ne pouvant pas s'exprimer sans un coéquipier au niveau en charnière centrale, et le poste d'attaquant restant une inconnue à Manchester City. Paris a su mettre de part et d'autre de cette colonne, des joueurs complémentaires, avec un Alex à l'aise à côté de Silva, Verratti et Matuidi étant comme des poissons dans l'eau avec Motta, et Cavani, complément parfait à Ibrahimovic.

Le choix de l'entraîneur peut lui aussi être discuté. S'il est indéniable que Manuel Pellegrini est un grand entraîneur capable de bien faire jouer ses équipes, est-il pour autant l'entraîneur dont avait besoin ce club pour franchir un nouveau cap? Le Chilien est connu pour avoir réalisé des prouesses avec des clubs de seconde zone comme Villareal en 2006 et Malaga en 2013, proches d'atteindre la finale pour le premier et la demi-finale pour le second. Il est aussi connu pour n'avoir pas réussi à gérer l'effectif de stars du Real Madrid, échouant dès les huitièmes de finale face à l'OL en 2010. une nouvelle fois, le tacticien Chilien s'est planté face à un gros, avec un "gros", et pose la question de son impact sur des équipes censées être au rendez-vous au printemps.

Après plus de cinq ans de travaux, il serait temps que l'aigle représenté sur l'écusson des Citizens, prenne son envol.


Combien de temps faudra-t-il aux Citizens pour s'imposer comme une grande équipe européenne?



mercredi 12 mars 2014

Paris, cap sur les quarts

Difficile vainqueur du Bayer Leverkusen (2-1), le PSG se qualifie pour la deuxième fois d'affilée en quarts de finale de la Champion's League. Rapidement menés, les Parisiens s'en sont remis à Marquinhos et Lavezzi pour se défaire des Allemands. Le Bayer, lui, peut être satisfait de sa prestation.

Paris, cap sur les quarts
Lucas et Thiago Silva, se congratulant après avoir fait le boulot au Parc.

Paris voulait confirmer après sa démonstration en Allemagne trois semaines plus tôt (0-4). Mission accomplie pour les hommes de Blanc, qui ont connu une résistance plus farouche ce soir.
Avec un milieu remanié, des arrières latéraux différents et le retour de Cavani, Blanc a décidé de faire tourner pour garder la totalité de son groupe sous pression. Hyypiä, lui, a décidé de se passer des services de son attaquant de pointe Kissling, pour brouiller les pistes et donner plus de vitesse à son jeu offensif.

Le début de la première période montre une équipe du Bayer Leverkusen étonnante, qui n'hésite pas à jouer haut et gêne considérablement la défense remaniée côté parisien. Emre Can, repositionné au milieu du terrain après avoir longtemps dépanné au poste d'arrière gauche de la formation allemande, allume la première mèche des 25 mètres, et oblige Sirigu à s'employer sur une frappe fuyante qui au ras du poteau (3'). Décidés à laver l'affront subi au match aller, les hommes de Sami Hyypiä surprennent les Parisiens dans la foulée, suite à un bon centre côté droit de Donati, lâché par Digne, qui trouve la tête de Sam, qui trompe Sirigu à bout portant (0-1, 6'). Cueillis à froid, les Parisiens reprennent du poil de la bête, et égalisent quelques minutes plus tard par l'intermédiaire de Marquinhos, qui reprend de la tête un corner bien tiré par Cabaye (1-1, 13'). C'est le troisième but pour le défenseur brésilien en Champion's League, décidément efficace sur ces phases de jeu.

Les Parisiens retrouvent de l'allant avec cette égalisation, mais restent fébrile derrière avec des latéraux qui affichent un niveau moyen. Les hommes en Rouge tentent de semer le doute dans les têtes parisiennes en profitant du manque de compétition pour certains. C'est de l'un d'entre eux que les Allemands obtiennent un penalty, Jallet freinant la course de Derdiyok, qui filait au but. Mais Leverkusen n'est pas surnommé "Neverkusen" pour rien. Le capitaine Simon Rolfes voit son tir repoussé par Sirigu, bien parti sur son côté gauche (27').



Les attaquants parisiens maladroits, Sirigu en feu



Le Bayer a laissé passer sa chance et ne peut pas compter sur une nouvelle erreur parisienne. Malgré leur étonnante forme, des combinaisons intéressantes entre les milieux et un Derdiyok plus mobile que l'habituel attaquant Kissling, qui pose pas mal de soucis à la charnière centrale parisienne, les Allemands sont de nouveau dominé par les locaux. Si le score reste équitable, c'est avant tout car les attaquants parisiens font preuve d'une inhabituelle et surprenante maladresse dans le dernier geste. Ibrahimovic, à plusieurs reprises, s'est montré dangereux sans pour autant trouver la faille. Après avoir buté sur Leno alors qu'il était seul face au gardien allemand (11'), il trouve la barre transversale sur une nouvelle action où il était libre de tout marquage, en piquant un peu trop son ballon (19'). Toujours à une unité de retard du meilleur buteur de la compétition, Ronaldo (11 buts), le géant Suédois se mue en passeur pour Cavani, avec une offrande dans les pieds de l'Uruguayen, qui se défait facilement de Wollscheid, mais qui trouve une nouvelle fois Leno sur sa route.

Les Parisien se font plus pressants en début de seconde période. Sur un beau service de Cabaye, Digne, moyen lors du premier acte, perfore l'axe droit de la défense allemande, et sert parfaitement Lavezzi, qui d'un plat du pied en pleine course, trompe Leno au premier poteau (2-1, 53'). L'Argentin prouve une nouvelle fois qu'il est l'homme en forme coté parisien, justifiant la confiance placée en lui par Laurent Blanc, après avoir été la cible de nombreuses critiques sur ses prestations plus que moyennes. Le second but parisien ne décourage pas le Bayer 04, qui donne quelques frayeurs au PSG, obligeant Sirigu à faire plusieurs parades, devant Castro (55', 58'), et Derdiyok (66'). Le portier italien du PSG montre qu'il est toujours sur ses gardes et brille dans ce match où son équipe concède un nombre important d'occasions franches.
La fin du match est sans grand intérêt, le PSG se contentant de faire tourner le ballon. L'expulsion de Can (69'), ne change pas grand chose à la physionomie du match, et permet à Blanc de donner quelques minutes de jeu à des joueurs comme Menez ou Camara.

Paris se qualifie facilement en quarts de finale, malgré un match retour moins maîtrisé qu'en Allemagne, mais devra élever son niveau de jeu, à l'image du Bayern hier soir, pour espérer continuer plus loin dans la compétition. Ce match confirme que sans son trio titulaire au milieu du terrain, Paris n'est pas le même, et doit travailler sur toutes les possibilités pour ne pas pâtir de l'absence d'un ou plusieurs éléments à l'avenir. Il confirme aussi que Paris a du mal à recevoir en Champion's League, après son nul contre Anderlecht (1-1), le match compliqué face à Olympiakos (2-1), et le retour face à Valence la saison passée (1-1). 
Le Bayer, lui, tâchera de se remettre sur les bons rails en championnat, et peut entrevoir de belles choses avec son match intéressant et encourageant dans la capitale française. Malgré leur défaite, les Allemands peuvent repartir la tête haute.

Salvatore Sirigu, auteur d'une énorme prestation, a été décisif sur le penalty tiré par Rolfes.



mardi 11 mars 2014

Un petit Bayern a suffi

Accroché sur sa pelouse par une timide équipe d'Arsenal (1-1), le Bayern Munich a tranquillement validé son ticket pour les quarts de finale de la Champion's League. Les Gunners n'ont pas réussi à créer l'exploit et doivent désormais se tourner vers le championnat.

Un petit Bayern a suffi
Müller et Fabianski, à la lutte pour la récupération du ballon, après l'échec de l'Allemand sur penalty.

Beaucoup pensaient qu'Arsenal pouvait réaliser le même match qu'il y a un an, lorsque les hommes d'Arsène Wenger étaient venus s'imposer 0-2 sur la pelouse de l'Allianz Arena. Les espoirs d'un remake de ce scénario rocambolesque se sont vite envolés. Et pour cause, le Bayern de cette année ne laisse pratiquement aucune chance à ses adversaires, tant ils maîtrisent leur sujet et le ballon, ne laissant que des miettes.

L'arsenal du Bayern permet à Guardiola de se passer des deux hommes en forme du Bayern, Kroos et Müller, tandis que Wenger doit composer sans son gardien titulaire, Szczesny, suspendu après son rouge à l'aller, et de Wilshere, blessé pour de longues semaines.
La première période est à sens unique. Les locaux contrôlent le ballon, tentent de se créer des occasions en passant sur le côté et en multipliant les combinaisons, les arrières latéraux jouant parfois devant les ailiers. Les gauchers du Bayern se mettent plus en évidence que les droitiers, Robben et Alaba étant très actifs avec des centres dangereux qui mettent à contribution Sagna et Vermaelen, Ribéry et Lahm, eux, étant un peu plus en retrait et jouant de manière plus latérale. La tactique de Guardiola semble floue et gêne beaucoup les Londoniens, qui ne savent pas qui pas marquer et qui joue à quel endroit du terrain. Alaba (19', 36'), Robben (38') et Götze (43'), mettent à contribution Fabianski qui permet à ses coéquipiers de rester à flot. La seule occasion des 45 premières minutes pour les Gunners est à mettre à l'actif d'Olivier Giroud, qui d'une tête smashée sur un corner d'Özil, oblige Neuer à se détendre (31').


Deux minutes de folie... et puis c'est tout.


Wenger, au retour des vestiaires, remplace Özil, fantomatique une nouvelle fois, par Tomas Rosicky. Le Tchèque apporte un second souffle à Arsenal, qui joue un peu plus haut et se procure quelques opportunités. C'est au moment où Arsenal semble sortir la tête de l'eau que le Bayern concrétise sa domination. Sur un débordement de Ribéry, libre de tout marquage et profitant de la passivité de Sagna, l'ailier français dépose un ballon parfait dans les pieds de Schweinsteiger, seul au point de penalty, qui n'a plus qu'à tromper Fabianski (1-0, 54'). Les espoirs d'Arsenal s'envolent et il s'agît désormais de limiter la casse. Pourtant, sur une action litigieuse, Lahm est légèrement bousculé par son coéquipier en sélection, Lukas Podolski, qui récupère le ballon et catapulte Neuer dans un angle fermé (1-1, 56').

Cette égalisation bienvenue devait permettre aux hommes de Wenger de mettre la pression sur le Bayern pour entretenir le suspense et offrir une dernière demi-heure de folie. Mais le Bayern n'est pas déstabilisé et continue de maîtriser le match, passant tout près du deuxième but lorsque Mandzukic rate l'immanquable, seul devant Fabianski sur un bon service de Schweinsteiger (69'). Arsenal n'arrive pas à mettre le feu dans l'arrière-garde bavaroise, et aurait pu repartir d'Allemagne avec une nouvelle défaite au compteur, si Thomas Müller n'avait pas vu son penalty stoppé des pieds par Fabianski (90+2), le troisième manqué sur trois tentatives pour les deux équipes lors de cette double confrontation.

Le Bayern Munich se qualifie aisément pour la suite de la compétition, mais devra élever son niveau de jeu s'il ne veut pas être surpris par une équipe plus costaude qu'Arsenal. Les Gunners, eux, peuvent se targuer d'avoir tenu en échec le champion d'Europe, et doivent désormais se tourner vers le championnat pour ne pas être décroché. Wenger devra aussi chercher la FA Cup, objectif abordable pour Arsenal, qui doit regoûter au succès pour espérer faire mieux la saison prochaine.

Les années se suivent et se ressemblent pour Arsène Wenger...



lundi 10 mars 2014

Les leaders dans les starting-blocks

Ce week-end de football européen nous a livré quelques informations sur la suite de la saison dans les cinq gros championnats du continent. Si aucune surprise n'a eu lieu, nous avons assisté à de nombreux matchs qui confirment une donne importante: les leaders sont fin prêts pour la bataille sur la scène européenne. Tour d'horizon.



Ligue 1: Paris trace sa route


Samedi, Paris retrouvait une nouvelle fois la Corse après sa victoire difficile à Ajaccio (1-2). Les matchs face aux équipes de l’Île de Beauté se suivent et se ressemblent pour les hommes de Laurent Blanc: des matchs très compliqués face au club du sud, beaucoup plus faciles et maîtrisés face à celui du nord. Les Bastiais étaient, depuis l'arrivée des poids lourds côté PSG, abonnés aux scores sévères (deux fois 4-0; une fois 4-1). Le match de ce week-end n'a pas dérogé à la règle, et a montré l'écart de plus en plus grand qui séparait le club de la capitale des autres pensionnaires du championnat. Bastia a été sévèrement battu (0-3), en donnant l'impression de ne rien pouvoir faire face aux hommes en blanc.
Laurent Blanc a décidé de faire souffler quelques cadres de l'équipe, qui avaient joué en milieu de semaine avec leurs sélections respectives. Marquinhos prend la place de Thiago Silva, fatigué après un long périple jusqu'en Afrique du Sud, Rabiot retrouve une place de titulaire après sa longue période d'indisponibilité, et suppléé Blaise Matuidi, auteur d'un gros match face aux Pays-Bas.

Les Parisiens ne mettent que très peu de temps pour prendre leurs aises sur la pelouse du stade Armand-Cesari. Sur une action d'école menée par le capitaine du jour, Ibrahimovic, et Lucas, les Parisiens débloquent vite la situation. Les deux hommes combinent parfaitement à l'entrée de la surface, transpercent les deux lignes de défense mise en place par Frédéric Hantz, avant que Lucas ne remette un centre parfait sur la tête du Suédois qui prend le dessus sur Modesto, et envoie le ballon dans la lucarne de Leca grâce à une tête lobée (7'). C'est le 100ème but du club parisien cette saison. Le chiffre 100 est décidément à la fête en Corse, Ibrahimovic récoltant son 100ème carton jaune depuis le début de sa carrière. Paris asphyxie les locaux et semble intouchable. Les combinaisons entre les milieux et attaquants sont huilées, alternant entre séquences de possession de balle et gestes de classe. Un geste de classe, Ibrahimovic va en offrir un aux spectateurs venus en nombre pour ce match. D'une aile de pigeon dont lui seul a le secret, le capitaine suédois met sur orbite Ezequiel Lavezzi, qui avec beaucoup de sang-froid, inscrit le second but du match (19'). Ibrahimovic martyrise une nouvelle fois la défense corse, après avoir déjà réalisé ce même geste au match aller lorsqu'il avait ouvert la marque au Parc des Princes. La sagacité de l'attaquant parisien risque de marquer pour longtemps le club de Bastia.

Le reste du match est classique: Paris garde le ballon et gère tranquillement, ne laissant que très peu de miettes à son adversaire. Un scénario devenu habituel en Ligue 1, les équipes adverses se résignant à limiter la casse plutôt que de vouloir revenir au score. Comme s'il fallait enfoncer encore un peu plus les Bastiais, Ibrahimovic lançait une nouvelle fois son coéquipier argentin, qui d'un crochet suivi d'un enchaînement parfait, inscrivit son premier doublé en Ligue 1 et son septième but en championnat (88').
Paris garde ses distances avec ses poursuivants et prépare au mieux les échéances européennes à venir. Le match contre Leverkusen permettra à Blanc d'effectuer quelques changements pour tester les joueurs en mal de temps de jeu, à moins que l'entraîneur parisien ne veuille marquer le coup et envoyer une nouvelle fois un message clair aux adversaires potentiels du PSG en Europe. Une chose est sûre: Paris est prêt et il faudra une très grosse équipe pour stopper les coéquipiers de Thiago Silva.

Zlatan Ibrahimovic
Après l'Aigle des Açores, l'Aigle de Malmö sévit à Paris, qui a la particularité de voler... avec ses pieds.


Liga: le Real inarretâble, l'Atletico s'accroche, le Barca décroche


Pour la première fois depuis de nombreuses saisons, la Liga se joue à trois. Et peut-être bientôt à deux... mais pas forcément ceux qu'on attendait.

Irrésistible depuis plusieurs semaines, le Real Madrid continue d'affoler les compteurs, et a une nouvelle fois livré une prestation très solide face à Levante (3-0). Le club valencian n'a rien pu faire face à la machine madrilène, et peut remercier son gardien Navas, qui a évité au 10ème de Liga de repartir de Madrid avec une valise pleine. Comme à son habitude, Cristiano Ronaldo a débloqué la situation. Sur un corner bien tiré par Di Maria, le Ballon d'Or portugais s'envole au point de penalty et place une tête imparable dans le petit filet (11'). Si Ibrahimovic réalise des gestes plus invraisemblables les uns que les autres, que dire de la détente du Portugais sur ces phases de jeu, qui donne l'impression de sauter sur un ressort. Les Madrilènes essaient tant bien que mal de doubler la mise, mais tombent sur un excellent Navas, qui doit s'incliner une nouvelle fois sur un but du droit de Marcelo, bien servi par Ronaldo (49'). Les Merengues déroulent, gérant bien le match, et se permettant de faire marquer le malheureux Karabelas, qui trompe son gardien après un centre de Marcelo (81'). Le Real continue sa route et semble bien parti pour gagner un deuxième titre en trois ans... si l'Atletico Madrid le veut bien.


Forts de leur excellent match nul (2-2), concédé sur leur pelouse lors du derby madrilène, les Rojiblancos se déplaçaient à Vigo face au Celta. Arda Turan, Diego Costa et Diego Godin étaient suspendus pour ce match qui avait l'air d'un traquenard pour le club de la capitale madrilène. Après une première période compliquée, les hommes de Diego Simeone ont petit à petit pris l'ascendant, et c'est un attaquant dont on ne parle presque plus, qui a perdu sa place dans le 23 de l'Equipe nationale, mais qui reste tout de même un grand nom du football, qui débloque la situation. David Villa, 32 ans, libère les siens en profitant d'une bourde monumentale d'un défenseur du Celta, pour tromper le portier adverse, et inscrire son 12ème but de la saison (62'). Douzième, et bientôt treizième but pour l'ancien de Valence et du Barca, qui dans la foulée de l'ouverture du score, double la mise en sentant bien le coup au point de penalty, plaçant le ballon hors de portée du gardien galicien d'un plat du pied (64').
Les hommes de la capitale obtiennent un succès important (0-2), et restent à trois points du Real Madrid, désormais favori pour le titre après la nouvelle contre-performance du FC Barcelone.


Les temps sont durs du côté de la Catalogne. Longtemps leaders du championnat, les coéquipiers de Messi semblent lâcher prise. La défaite à San Sebastian (3-1), face à la Real Sociedad, n'a pas servi d'électrochoc, pire, elle a plongé le club catalan dans une période de doute qui n'arrange pas leurs affaires. A quelques jours du match retour face à Manchester City, les hommes de Martino ont subi leur quatrième défaite de la saison (1-0),face au premier relégable, Valladolid. L'absence d'Iniesta, resté à Barcelone pour des problèmes personnels, a beaucoup influé sur la prestation catalane, une nouvelle fois décevante. Les locaux ont rapidement ouvert le score, par l'intermédiaire de Fausto Rossi, qui a profité d'un cafouillage dans la surface du Barca pour tromper habilement Victor Valdes, lâché par sa défense (17')

Les Catalans ont couru tout le match derrière le score, n'arrivant pas à se créer d'occasions franches, si ce n'est sur coups de pied arrêtés. Les nombreux coups francs tirés par Messi donnaient l'impression d'êtres des passes pour le gardien formé à Villareal, Marino, qui a montré un calme déstabilisant durant tout le match sur sa ligne de but. Les individualités ont failli du côté du Barca, Pedro n'arrivant pas à avoir son activité habituelle, Fabregas ne brillant plus comme lorsque Messi n'est pas là, et Neymar étant l'ombre de lui- même en club, alors qu'il brille avec la sélection brésilienne. Cette défaite est le premier tournant de la saison en Liga, les Catalans semblant lâcher prise. En retard sur un Real qui déroule, les Catalans miseront-ils tout sur la Champion's League?


CR7, intenable cette saison, a inscrit son 24ème en Liga face à Levante.


Premier League: Chelsea ne laisse rien passer... en attendant Manchester City


Longtemps serrée, la Premier League commence peu à peu à se décanter. Tout ceci reste relatif, étant donné que certaines équipes ont des matchs en retard à jouer. Arsenal semble un peu plus en retrait, après avoir longtemps mener la danse. Liverpool joue les trouble-fêtes, et reste un candidat sérieux

Manchester United a retrouvé du poil de la bête après son succès encourageant sur la pelouse de West Bromwich Albion (0-3). Les hommes de Moyes ont parfaitement maîtrisé le match, et ont pu compter sur un très bon Wayne Rooney ce samedi. Avant que l'international anglais ne se mette en évidence, c'est Robin Van Persie qui a mis son équipe sur les bons rails grâce à son centre parfait pour Phil Jones, qui a parfaitement coupé l'offrande de l'attaquant batave (34'). Le numéro 10 anglais double la mise, sur un centre millimétré de Rafael, qu'il reprend de la tête au second poteau et que Forster ne peut arrêter (65'), marquant son 11ème but de la saison, au même rang que RVP. Rooney permettra à la fin du match à Danny Welbeck d'alourdir la marque en lui offrant un caviar dans la surface (82'). Les Red Devils reviennent à cinq points de la cinquième place et Tottenham, avec un match en moins.


Tottenham se déplaçait chez le leader, Chelsea. Les deux équipes avaient un gros à jouer. Les Spurs pouvaient revenir sur les talons de Liverpool et Arsenal tandis que Chelsea pouvait conforter sa première place. Le match, s'il y a eu, n'aura duré que 45 minutes. La première période a été serrée, avec tout de même un léger avantage pour les visiteurs qui se sont procuré quelques occasions par l'intermédiaire d'Adebayor (11'), Bentaleb (14') ou Sandro (23'). Dans l'ensemble, la rencontre est moyenne et on assiste à un spectacle de qualité moyenne.

Le match se débloque en seconde période sur une glissade malheureuse de Jan Vertonghen, qui d'un réflexe inespéré, remet en jeu Eto'o, qui ne se fait pas prier pour tromper Hugo Lloris (56'). Ce coup du sort plombe totalement les Spurs, qui sombrent dans une malchance inouïe à partir de là. Kaboul commet l'irréparable en fauchant le buteur camerounais, provoquant son expulsion et un penalty transformé par Hazard (60'). Les Blues exploitent parfaitement chaque erreur commise par un joueur de Tottenham. Des erreurs, il y en aura deux autres au cours de ce match, se concluant sur deux buts de Ba coup sur coup (88',89'), le premier après une nouvelle glissade Sandro dans la surface, le second sur un dégagement raté de Lloris et mal contrôlé par Naughton.

Le score est lourd (4-0), une habitude pour Tottenham cette saison, qui n'arrive pas à rester concentrer un match entier face aux gros du championnat. Chelsea continue à grappiller des points et distance ses adversaires, en attendant que Manchester City rattrape ses trois matchs en retard, qui pourraient offrir aux Skyblues l'opportunité de recoller à la tête en cas de victoires. La course au titre risque d'être palpitante jusqu'au bout. Une chose est sûre, Chelsea ne lâchera pas et se met dans les conditions parfaites pour aborder au mieux le retour face à Galatasaray. La patte Mourinho.


Samuel Eto'o, buteur face à Tottenham, qui répond à Mourinho sur son but.


Serie A: la Juventus s'envole, Naples contrarie la Roma


Seul championnat où le leader ou le champion en titre n'est plus en course en Ligue des Champions, la Serie A est d'ors et déjà pliée. Mais il en faudra plus pour empêcher la Juventus de continuer son échappée belle, et de préparer au mieux sa double confrontation face à la Fiorentina, en huitièmes de finale d'Europa League, compétition majeure pour les pensionnaires de la Juventus Stadium, qui accueillera la finale de cette compétition en mai prochain.

Juventus-Fiorentina, c'était l'affiche de ce dimanche après-midi en Serie A. Ce choc, joué à une heure inhabituelle pour une rencontre entre deux grosses équipes du championnat, a résumé l'histoire de la saison italienne: la Juventus qui domine, qui marque et qui contrôle parfaitement le match. La Fiorentina aurait pu être l'équipe qui pouvait contrarier la Vieille Dame, avec le retour du blessé de longue date, Mario Gomez. L'Allemand a été moyen, à l'image de son équipe, et voit revenir l'Inter à sa hauteur. L'homme qui aura ébloui le Juventus Stadium, c'est Kwadwo Asamoah. Le Ghanéen est le joueur qui est le moins mis en avant dans le 11 turinois, mais il fait à chaque fois ses matchs et personne n'a réussi à prendre sa place sur l'aile gauche de l'équipe dirigée par Conte. Après avoir alerté une première fois Neto sur une belle demi-volée (39'), l'ancien joueur de l'Udinese réalise un enchaînement avec un dribble derrière la jambe d'appui, au milieu de trois joueurs, suivi d'une lourde frappe du droit à l'angle de la surface, qui finit dans la lucarne gauche du gardien de la Viola après avoir frappé le poteau. Un bijou (1-0, 42'). La Juventus semble être partie vers un troisième titre d'affilée et peut rêver d'un doublé que le club n'espérait peut être pas au début de la saison.


Le grand choc de cette journée de Serie A avait lieu au San Paolo, entre Naples et la Roma. Les Romains se devaient de réagir pour ne pas laisser la Juventus prendre trop d'avance, et prendre sa revanche sur le club de la Campanie après son élimination en Coupe d'Italie. De Rossi suspendu, Totti absent, les hommes de Garcia ne sont pas au mieux pour affronter la formation de Benitez, qui est elle au complet.

Le match est équilibré, et c'est même la Roma qui prend peu à peu le dessus. La défense romaine est impériale devant Higuain et consorts, avec le capitaine du jour, Mehdi Benatia, qui est à la hauteur de son nouveau statut depuis son arrivée dans la capitale italienne cet été. Naples a du mal à se dépêtrer de la pression romaine et bafoue son football, étant constamment sur la défensive et contraint à jouer en contre. Les gardiens brillent, Reina étant largement plus mis à contribution que son prédécesseur au club, De Sanctis. Hamsik affiche une nouvelle fois un niveau moyen dans un match à enjeu, et est remplacé sous les sifflets par Lorenzo Insigne. L'entrée du mini-pouce italien a le mérite de remettre en selle les Napolitains, qui trouvent la faille dans les dernières minutes du match. Mertens décale Ghoulam, qui d'un centre parfait, trouve la tête de José Callejon, qui trompe De Sanctis à l'aide du poteau et de la barre transversale (1-0, 81'). L'espagnol réalise une très belle saison en inscrivant son 10ème but en championnat, prouvant qu'il peut être plus qu'une doublure comme il l'était au Real Madrid. Les locaux cadenassent la rencontre et gagnent sur la plus petite des marges, malgré une dernière frayeur sur une frappe de Maïcon, qui rase de près le poteau gauche de Reina (90+2').

Les coéquipiers de Maggio reviennent à trois points de leur adversaire du jour.
La soirée de la Roma a été noire du début à la fin. Ils devront se passer de leur plaque tournante, Kevin Strootman, forfait pour une période minimum de six mois, suite à sa blessure au genou en début de match. Le choix d'aligner Strootman peut être apparenté à une erreur monumentale de la part du staff de la Roma, sachant que le milieu hollandais était sorti sur blessure quatre jours plus tôt au Stade de France. Une chose est sûre, Louis Van Gaal a dû mal le prendre et peut désormais se pencher sur une solution de rechange pour combler le vide qui se créer au milieu du terrain, à trois mois du Mondial.


Asamoah, auteur d'un but splendide face à la Fiorentina, félicité par Tevez et Pogba.


Bundesliga: le Bayern, toujours plus haut, toujours plus fort.


Jusqu'où ira ce Bayern? Personne n'a la réponse. L'équipe dirigée par Guardiola semble semaine après semaine, irrésistible. Les superlatifs se font de plus en plus rares pour définir le mastodonte de la Bundesliga. Peu importe la composition, la formation, les hommes sur le terrain, le rôle de chaque joueur, où ils sont situés, Guardiola arrive à passer au-dessus de toutes ces données et fait jouer son équipe comme il veut, avec les mêmes résultats à chaque fois.

Wolfsburg, qui s'est rebiffé depuis son début de saison moyen, a l'effectif qui pouvait "gêner" les coéquipiers de Ribéry, de retour après plusieurs semaines d'absence. Cette impression se confirme lorsque le défenseur brésilien, Naldo, trompe Neuer d'une tête plongeante imparable (17'). Le Bayern mené, c'est un événement. Un événement qui gêne les intéressés, qui ne mettent que dix minutes pour revenir à la marque, grâce à Shaqiri, qui trompe son gardien en Equipe nationale, Benaglio, après un cafouillage qui a duré de longues secondes (26'). Wolfsburg donne du fil à retordre au Bayern et parvient à tenir tête au champion d'Europe en titre jusqu'à l'heure de jeu. C'est alors que la machine se met en place, et pulvérise tout ce qui se trouve sur son chemin. En l'espace de 17 minutes, les protégés de la doublette Guardiola/Sammer, colle une raclée au club de Wolfswagen. Muller (63', 78'), Mandzukic (66', 80') et Ribéry (71'), dégoûtent les Blancs et Verts (1-6), et rappellent à Luiz Gustavo que le patron, c'est bien le Bayern.

Sortir une individualité de cette équipe est quasiment impossible. Depuis que Ribéry est au Bayern, jamais il n'avait joué dans une équipe qui peut se passer de ses services. Sous Heynckes, il était le patron technique de cette équipe. Avec Guardiola, tous les joueurs sont au niveau, pas un seul n'est au-dessus de l'autre tant ils ont atteint un niveau exceptionnel. Robben, Ribéry, Gôtze, Muller, Mandzukic, Kroos, Thiago, tous les joueurs offensifs régalent et donnent l'impression d'être indispensables comme peu importants s'ils sont absents. Avec la possibilité d'être champion d'ici trois semaines, il va être très difficile de déloger le Bayern du trône de l'Europe, eux qui auront tout le temps qu'il faudra pour bien préparer chacun de leurs matchs.


Leverkusen a stoppé l'hémorragie en prenant un point à Hanovre (1-1), et doit se préparer à jouer un PSG qui paraît plus fort qu'il y a trois semaines. Faute de faire le spectacle, le Borussia Dortmund continue sa remontée, en confortant sa seconde place, à 20 points du leader, grâce à sa victoire Fribourg, sur un but du vétéran Sebastian Kehl. Klopp a paru très nerveux sur son banc de touche, en témoigne le savon qu'il a passé à son joueur, Nuri Sahin, qui se rappellera longtemps de la colère noire de son entraîneur. Schalke retrouve des couleurs après les fessées reçues par le Real Madrid et le Bayern, en corrigeant à son tour Hoffenheim, grâce à un triplé de Klaas-Jan Huntelaar.

Le Bayern Munich a remporté sa seizième victoire consécutive en Bundesliga à Wolfsburg.